Mardi 5 mai 2009

Un pont. Le pont de l’université. Celui de ce petit vieux un-chanté qui ne sourit plus la main sur le cœur à chaque voiture qui s’arrête.

Tout a commencé sur un pont, sur ce pont. Il y a sept mois.

Un mois après le retour, c’est toujours un peu une claque, un atterrissage forcé.

Sur ce pont, rien n’a changé. Le Rhône s’entoure toujours de péniches qui ne prendront jamais le large. Les mêmes étudiants poussiéreux de la faculté de philo traversent toujours, le pas trébuchant et la main tremblante des derniers cours.

Il y a toujours les cheveux qui s’envolent, les vélos qui imitent les vietnamiens la roue hésitante, les écouteurs dans les oreilles et les tristesses qui s’accrochent aux rambardes.

Sept mois. Sept mois ont passé depuis mon dernier passage sur ce pont que je prends maintenant pour rentrer.

Sept mois qui font que je « devient » autre. Sept mois qui excluent, qui font rêver, qui laissent admiratifs, perplexes ou durs.

Sept mois de marchés vietnamiens, de petites vendeuses de rue. Sept mois de rires. Sept mois qu’on ne peut pas raconter. Sept mois ratés de leur vie.

Non, le retour n’est pas possible. Il n’est jamais possible comme avant. On ne revient jamais. On va toujours.

Sept mois de filleuls souriants et de grand-mères à la bouche emplie de bétel, sept mois d’hôpitaux. Et jamais pour autant cette solitude.

Seule la solitude revient au pays. Elle rend irréels tous ceux qu’on a rencontrés et les classe dans le rayon des souvenirs. Et elle rend égoïste.

Comme celle du départ.

Un mois d’atterrissage français. Un mois où il faut revenir à la vie réelle, au circuit des administrations françaises, aux hôpitaux qui n’ont pas de rendez-vous avant fin juillet, aux amis dont on a rêvés pendant sept mois et qui ont continué leurs vies.  Un mois où on s’accroche aux quelques bribes de passé qui nous reste. Lui. Lui. Lui.

Et puis il arrive un jour où il faut de nouveau traverser ce foutu pont pour rentrer chez soi.  Chez soi…Et on comprend alors, en voyant les péniches amarrées que c’est fini. Que ça ne reviendra plus. Et qu’il est temps d’oublier.

Après ?

Todo depende… De qué depende ?
De según como se mire…todo depende….

 

 


 

Par Léna
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 14 mars 2009
Toi, j’aurais voulu te dire que ton retour en France serait facile, que la nostalgie n’appartient qu’à l’instant. J’aurais voulu réussir à être là pour savoir écouter tes angoisses d’avenir ces jours là, passés sur notre petite île, mais je n’ai su qu’écouter les miennes. Pardon. Lundi, à l’aéroport, j’aurais juste voulu que tu comprennes qu’à vous deux, il ne m’est rien arrivé de plus beau ces derniers mois au Vietnam.

Toi, j’aurais voulu te préserver des décisions que tu ne veux pas prendre et qui finissent par t’envahir. Tu sais, si le Vietnam m’a appris une chose, c’est qu’il n’y en aucune de bonne, aucun voyage ou fuite bon à prendre. Peu importe où, l’essentiel est dans la présence, et il n’y a rien de plus inessentiel que d’être absent dans l’ailleurs.

Toi, j’aurais voulu faire sourire ton quotidien parisien et tes tourbillons de solitude, j’aurais voulu te dire que cette vie est faite pour toi et que tous tes rêves y prendront place. Je t’ai écouté quelques heures en Janvier dans ce café et je me demande encore comment on peut oser passer à côté de toi.

Toi, j’aurais voulu t’aimer autrement. Loin de l’Ardèche et des au revoir précipités. J’ai longtemps pensé à toi et à tes méandres passionnés. Tu n’es rien d’autre, en définitive, qu’une définition de la passion écrite sur un bout de papier que j’ai laissé s’envoler.

Toi, j’aurais voulu te répéter combien tes sourires et ta musique ndombolo me font tenir, ici, quand la maladie que j’appréhende depuis six mois fait défaut à la chance de ma vie. Ils me font frémir tes sourires, petite sœur.

Toi, je ne regrette rien. Je t’ai donné ma vie pendant six mois, mes colères contre le fiasco de nos deux destins, mes rires et mes bonheurs. Je t’ai donné ce que j’avais. Rien. Juste une fragilité à fleur de peau et des sourires. J’aurais voulu être plus, t’aimer mieux, te redonner confiance, réussir à faire barrage contre ton anxiété, ta jalousie et la fatalité de tes relations. J’aurais tellement voulu ne pas être un échec de plus.

Toi, j’aurais voulu t’aimer différemment, te rencontrer dans un autre cadre, parler ta langue et ne pas être malade sur tes chemins. J’aurais voulu rester plus à tes côtés, te donner plus, dans d’autres missions, mais mon corps me rappelle à l’ordre. J’aurais juste voulu que tu saches…Tu m’as appris une chose essentielle, l’humour du tragique et la maladie que la présence des autres vient effacer.

Toi, j’aurais voulu être là pour écouter ton récent engagement, les difficultés d’être deux et l’amour qui, malgré l’incohérence du quotidien, appartient au paradis du nous. J’aurais voulu suivre au jour le jour, tes crises de doute et tes fous rires décalés, et plus récemment, j’aurais voulu être là avec toi, pour l’écouter, elle, ce petit roseau d’anémie.

Toi, j’aurais voulu écouter davantage tes conseils, te faire confiance et te suivre dans tes poèmes surnaturels, mais ce n’est pas moi. Je suis bien plus accrochée à la vie que la maladie et la mort des autres ne veulent me le faire croire.

Toi, j’aurais voulu que tu me racontes ces insomnies qui assombrissent ton présent et toutes tes luttes contre l’incompréhension du milieu dans lequel tu as grandi et qui te rendent aujourd’hui si riche de convictions.

Toi, j’aurais voulu te dire merci, d’avoir été et d’être là, si loin. Chaque jour de ma vie, chaque heure de mes crises et de mon exil. J’aurais voulu te dire que les fous rires sont pour bientôt, si tôt que j’aurais réussi à dire au revoir correctement à ce brouhaha de motos et de bonheur.
Par Léna
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 23 février 2009

Fin

La fin d’une mission, c’est une décision lourde à prendre. Et c’est celle que je viens de prendre. Non pas que ma mission n’ait plus de sens.
Bien sûr, il y a aura encore tous les enfants vietnamiens dont il faut arrêter le parrainage et dont les familles se sont enrichies qui, nous accueillent, chatant sur MSN, un verre de Coca à la main.
Bien sûr, il y aura tous ces villages chams, jarai, rengao, avec qui il faut lutter pour qu’ils ne boivent pas l’argent des parrainages.

Bien sûr, il y aura toutes ces sœurs qui chevauchent leurs motos malgré la boue, la pluie et les crevasses, et qui, en vous serrant le coude, vous disent « Je donnerais toute ma vie pour les aider. » Bien sûr, il y aura encore tous ces pères, paresseux ou investis, qui continueront encore un bout de temps de rire de mon accident dans le fourré d’un filleul, et qui feront tout pour s’éviter l’éternelle visite filleul, en riant.

Bien sûr, il y a mon cœur qui se serre quand je repense à tous ces sourires croisés sur des routes inaccessibles. Cette première visite où la grand-mère pleurait derrière ses lunettes sartriennes, cet enfant qui m’a supplié d’aider sa mère atteinte d’un cancer des ovaires et pour qui je n’ai rien pu faire, cette horde d’enfants nus à Kon Tum, sales, buvant dans le verre de bière de leurs parents, cette petite fille avec des perles de sueur sur le front, croisée au détour d’une crevasse dans le Binh Dinh, ces sœurs qui ont nagé dans l’eau stagnante des dernières inondations dans le Ninh Thuan, toutes ces cascades à moto avec les responsables de programme, ce prêtre supposé pédophile et cette sœur qui dort par terre, sur une paillasse pour surveiller ses enfants nuit et jour. Inquiète. Céleste.
Un échantillon d'humanité à anticiper, à prévenir, à réfléchir en accord avec le siège. Un échantillon d'humanité à comprendre sans grille d'analyse manichéenne, sans jugement hâtif.

Bien sûr, il y a cette ONG, profondément à l'écoute, et qui ne comprend pas forcément ma décision. Sûrement à raison. Cette ONG qui mise tout sur la qualité du relationnel et de la confiance, sur la transparence vis à vis des parrains, cette ONG qui croit véritablement en la richesse de l'être, et que je remercie de m'avoir tant donné, malgré nos crises et revendications.
Bien sûr que je m'y suis attachée à tous ces personnages qui nous suivent au jour le jour.
Bien sûr que c’est une décision lourde à prendre que de mettre un terme à une mission. C’est un point mis à une aventure qui avec le temps, aurait fini par n’en être plus une. J’avais pour objectif de visiter soixante programmes de parrainage en un an. C’est chose faite en six mois.

Bien sûr il y aurait pu avoir une série de deuxièmes visites sur les programmes, mais le statut du volontaire au Vietnam est un statut un peu particulier, et bien souvent les responsables de programme, frères, pères et sœurs, nous accueillent comme des contrôleurs, et redoutent suffisamment cette visite pour ne pas apprécier ou accepter une deuxième visite qui serait prise comme un manque de confiance certain de la part de notre siège. Rajouté au fait que les visites filleuls cette année ont été particulièrement compromises du fait du statut non officiel de mon ONG au Vietnam. Les sœurs et prêtres se sont plusieurs fois opposés aux visites filleuls car cela mettait en péril leur situation au Vietnam, l’Eglise catholique étant en difficulté depuis septembre 2008 avec le gouvernement communiste. (Révoltes à Hanoï, Expropriation de terres appartenant à l’Eglise, Exfiltration de deux de nos volontaires en septembre)

Alors j’ai préféré anticiper ce qui aurait probablement constitué une fin de mission chaotique. Mais peut-être me trompe-je. Bien sûr, je suis bouleversée. Bien sûr, je déçois tous ceux qui ont suivi et appuyé ma mission. Bien sûr, je prends un risque. Celui de me livrer à l’inconnu le plus total, sans situation, ni professionnelle, ni financière.

Bien sûr, chère tuileuse, je doute encore de ma décision et je sais qu’elle te déçoit. Je ne les abandonne pas, ces enfants, tu sais. Je les ai aimés. J’ai aimé ma mission et je suis désolée d’en arriver là. Bien sûr, ils continueront de me hanter, et je me demanderais encore longtemps si j’ai fait le bon choix.

Mais bien sûr, le futur comme toujours sera là. Seule. Sur un projet d’art-thérapie UNICEF avec des enfants HIV thaïlandais, ou sur d’autres projets humanitaires autour de l’enfance en Asie, je l’espère.

Mettre un terme à une mission, c’est encore dire au revoir, décevoir, se fourvoyer dans l’incompréhension, le doute et la tristesse, la nostalgie et la culpabilité. Et c’est loin d’être simple lorsqu’on se réveille le matin et qu’on croise encore ces sourires magiques d’incertitude et de misère. J’espère que j’ai fait le bon choix.
Par Léna
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 18 février 2009

Le père  Q. fait les présentations:

« Mr X. séminariste raté pendant 10 ans,

Sr A. peu apte intellectuellement mais gentille,

Frère X., un petit 80 ans mais prêt à craquer

Et le Père B., gentil mais il fait n’importe quoi »


Il nous offre des gateaux, et voyant que je refuse au bout du quatrième me dit " Quoi ? Vous craignez la farine ?"


Puis se met à chanter Gentille Alouette. Puis nous emmène rencontrer un autre père Charles Ly.


Le père Charles Ly, surnommé Lazy Boy par le père Q., invente toute sorte de stratagèmes pour ne pas faire de visites filleuls. "Non, mais vous comprenez, il y a beaucoup de poussière. Oui, une poussière énorme ! On ne peut plus voir la route. Non, ce n'est pas convenable d'aller visiter des filleuls." Il tente de faire les yeux du chat dans Shrek mais ne provoque qu'un fou rire. Il rit avec nous. Il finit par accepter de partir en visite avec nous puis prend sa moto et part bien avant nous pour nous semer.

Le père Q. s'exclame: "Mais où est Charlie ?"

Par Léna
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 13 février 2009
Le père du programme de parrainage que je visite, me dit, catastrophé, cinq minutes avant de partir..."Ohhhh, chère Héléna, je n'ai rien à vous offrir pour que vous le rameniez en France !"
Il se met alors à quatre pattes et s'enfonce dans un de ses placards et me sort tout fier de lui, une canette de Redbull. "Ca vous va ça, comme cadeau ?"
Voyant que je sourie, il la repose et me sort une brique de lait. "Vous préférez le lait ?"


Un autre père m'envoie un texto: "Héléna, je ne peux pas vous parler par téléphone. Je suis ailleurs." Certes...
Par Léna
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 21 janvier 2009
Par Léna
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander
Mercredi 7 janvier 2009
Du passé, du présent.
Tout se mélange un peu dans cet avion qui m’emmène vers le froid français pour quelques jours. Les consultations de ces quatre derniers mois défilent dans ma tête.
Toutes ces incompréhensions et ces traductions lentes et studieuses de mes symptômes en vietnamien. Et leur sourire. « Ne t’inquiète pas, ANTIBIOTIQUE ». Quatre mois d’antibiotique, le même, pour des symptômes différents. L’aléatoire de la médecine qui fait appel au neurologue, au généraliste et au cardiologue pour traiter d’un problème gynécologique. « Oui…mais il faut nous comprendre… on n’a pas l’habitude de voir des blanches ici… » Et ce médecin qui me dit timidement. « Oui, c’est vrai, je n’ai pas osé le dire, mais je me suis trompée il y a un mois dans le diagnostic… »
 La fatigue de l’avion m’écrase sous le poids des images qui m’attachent à la symphonie du Vietnam. Un chaos hospitalier au milieu de la crasse et des examens qui se font sans savon. Des examens qu’annoncent l’infirmière dans la salle d’attente « C’est bon, vous n’avez rien… »La salle d’attente applaudit.

Un éparpillement de diagnostics, une attente lassée…mais cette pyramide de tendresse pour ce Vietnam qui m’a fait vivre la couleur, l’ignorance et le découragement, la peur, le manque, l’amour, l’harassement, la maladie et la compréhension un peu plus réaliste de ces parents de filleuls malades que leurs enfants regardent avec une compassion boulimique et désespérée.
L’avion traverse le sublime des nuages et à mesure qu’il me ramène vers les miens, je me rends compte. L’hypothétique de ces derniers mois, l’instabilité de ces pensions et hôtels, de ces villes, de ces rencontres, de ces chaînes qui m’ont fait si souvent sourire.
La fragilité du conditionnel de notre mission me manque déjà. Malgré les miens, malgré la France, malgré ma peur de tout perdre. Ici et là-bas.
 Entre-deux, c’est encore dans un avion qu’on est le mieux. On n’a pas à choisir.
Le Vietnam, ou la fragilité de la rencontre qui perdure dans la tourmente du temps et qui m’apprend le conditionnel au jour le jour.
Si tu prenais des antibiotiques, peut-être guérirais-tu ? Si tu coupais la route à quelqu’un en moto, peut-être survivrais-tu ? Si tu t’attachais à un inconnu de passage, peut-être ne serait-t-il plus inconnu, ni de passage ? Si tu vivais sans si, peut-être vivrais-tu ?
Du passé, du présent. Et entre les deux, l’anémie du futur face à l’aquarelle de l’instant.
Par Léna
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Dimanche 4 janvier 2009
Par Léna
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Jeudi 18 décembre 2008

9h02: La serveuse ne comprend pas le sens d'un café au lait. Elle part en cuisine.
9h03: La première vendeuse de lunettes vient proposer ses services
9h04: La serveuse revient "Coffee ? With milk ?". Elle repart, l'air inquiète
9h05: Le premier vendeur de tours en moto "Easy Rider" se gare et vient proposer son catalogue de photos de touristes souriants
9h06: La serveuse revient avec un café, sans lait. " Ahhhh...Milsks, YOU WANT Milsks ?"
9h07: La première vendeuse au chapeau conique de cigarettes-bracelets-chewings-gums nous lance un "YOU ! YOU ! Buy cigarettes ?"
9h08: La serveuse revient avec du lait concentré sucré. Nous capitulons.
9h09: Le deuxième vendeur de lunettes de la journée passe "You ! You ! Sunglasses ?"
9h10: Instant de répit. Nous entamons un début de conversation.
9h11: "Buy cigarettes" 2 et 3 se succèdent
9h13: Easy Rider 2 nous montre son catalogue mais se tait car le taxi qui est venu nous attendre à la sortie du café fait un bruit d'enfer.
9h14: Nous parvenons à terminer notre conversation et sourions à Buy cigarettes 4 et 5.

Par Léna
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 4 décembre 2008

...





Mal au cœur. J’ai mal au cœur.

Je hais l’âme quand elle s’arrache ainsi à l’existence. Je hais la solitude de l’au revoir et la lassitude du mascara qui coule sur les joues.

Je hais les rencontres qui prennent fin sans prévenir et les promesses de la vie qui défile.

Raymond avait raison, je hais l’attachement aux autres parce qu’il n’est que furtif, clandestin, toujours salé.

Respire, respire, respire.

Je hais l’éloignement et la fin, le nihilisme, le manque d’amour et l’amour qui ne fait jamais face à la vie, la morale et la sagesse de ceux qui sont revenus de la souffrance.

Je hais le dernier regard, l’ultime abandon face à la mer et ces avions qui emmènent toujours au loin ceux que j’aime, et encore plus ceux qui m’emmènent loin d’eux.

Rien n’est beau quand les mains tremblent de s’être trop serrées, rien n’est beau quand la colère cède place à la parade du vécu.

« Un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s’agite une heure sur la scène et qu’ensuite on n’entend plus… »

Je ne sais de qui, de la perte ou du souvenir prend le dessus sur la poitrine qui s’essouffle mais je sais un mot qui me revient en boucle depuis mes quatre ans. Reste.

Et que reste-t-il maintenant, après la sincérité de l’attachement et la violence de l’exil qui se haïssent ?

Reste. Reste. Reste.


Par Léna
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander

Liens

CONTACT

SKYPE: helenahugot
Portable au Vietnam: 0084 1 22 472 99 94

Carte du Vietnam

Ma mission

Derniers Commentaires

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus