Mal au cœur. J’ai mal au cœur.
Je hais l’âme quand elle s’arrache ainsi à l’existence. Je hais la solitude de l’au revoir et la lassitude du mascara qui coule sur les joues.
Je hais les rencontres qui prennent fin sans prévenir et les promesses de la vie qui défile.
Raymond avait raison, je hais l’attachement aux autres parce qu’il n’est que furtif, clandestin, toujours salé.
Respire, respire, respire.
Je hais l’éloignement et la fin, le nihilisme, le manque d’amour et l’amour qui ne fait jamais face à la vie, la morale et la sagesse de ceux qui sont revenus de la souffrance.
Je hais le dernier regard, l’ultime abandon face à la mer et ces avions qui emmènent toujours au loin ceux que j’aime, et encore plus ceux qui m’emmènent loin d’eux.
Rien n’est beau quand les mains tremblent de s’être trop serrées, rien n’est beau quand la colère cède place à la parade du vécu.
« Un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s’agite une heure sur la scène et qu’ensuite on n’entend plus… »
Je ne sais de qui, de la perte ou du souvenir prend le dessus sur la poitrine qui s’essouffle mais je sais un mot qui me revient en boucle depuis mes quatre ans. Reste.
Et que reste-t-il maintenant, après la sincérité de l’attachement et la violence de l’exil qui se haïssent ?
Reste. Reste. Reste.
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